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- 30 mars
Pourquoi sortir du bazar crée autant de tiraillements intérieurs
- Nathalie MERLIN
- Tri et organisation de la maison
Temps de lecture : 4 minutes
Le bazar chez soi, bien souvent, s’est installé avec le temps et s’est accumulé sans qu’on s’en rende vraiment compte.
Et on aimerait que vivre autrement soit aussi simple que de “juste” trier, organiser et ranger.
Point. On passe à la suite.
Mais, très vite, on sent que quelque chose résiste.
Parce que le bazar n’est pas qu’un empilement d’objets.
Souvent, il s’est installé progressivement, pour de bonnes raisons à un moment donné, avant de devenir plus lourd à porter aujourd’hui :
Comment désencombrer sa maison - 7 causes du bazar et solutions anti-encombrement
Il a représenté quelque chose, symboliquement, pour la plupart d'entre nous.
Vouloir en sortir n’est donc pas qu’une question matérielle.
Le bazar : inconfortable et rassurant à la fois
Le bazar fatigue, encombre, complique le quotidien.
Et pourtant, il reste.
On a tous de très bonnes raisons de ne pas pouvoir trier à un moment donné.
Pas des excuses mais de vraies raisons.
Chez nous, par exemple, la future chambre destiné à un bébé – un jour – est restée longtemps remplie à ras bord.
Inutilisable en l'état.
Impossible de s'y projeter, d'y faire autre chose.
Rétrospectivement, je pense que la vider aurait rendu ce “ventre vide” trop présent : notre douleur de ne pas devenir parents, d’attendre un enfant qui ne venait pas.
Le désordre, à ce moment-là, n’était pas un problème à régler.
Oui, on se disait "faudrait s'occuper de la p'tite chambre...".
Mais on ne le faisait pas, car le bazar dedans était un rempart contre notre souffrance.
Ce que le désordre raconte de nous
Les piles d’objets qui s’accumulent, ceux qu’on ne sait plus où ils sont, ceux qu’on cache dès que les invités arrivent, ou encore ceux qu’on garde sans trop savoir pourquoi – mais qu’on garde quand même – parlent souvent d’une période de vie.
Et dans certains cas, il peut même être le reflet d’un moment plus profond que l’on traverse, sans toujours en avoir pleinement conscience :
Quand le désordre n’est pas un problème de maison, mais un signal
Et l’envie de trier ne survient presque jamais par hasard : vous l’avez peut-être déjà ressenti.
Elle arrive quand quelque chose ne correspond plus à la vie à laquelle on aspire désormais.
Sortir du bazar, ce n’est pas seulement enlever des objets.
C’est renoncer à une version de soi qui a existé.
À un fonctionnement qui a tenu bon jusque-là.
À une manière de faire qui ne convient plus tout à fait aujourd’hui.
Cela peut toucher à des valeurs transmises par nos parents, nos grands-parents.
À des croyances autour des objets, du fait de garder, de ne pas gaspiller, de transmettre.
Trier peut alors réveiller un conflit intérieur discret mais puissant, à bas bruit.
Entre ce que l’on a été, ce qui nous a protégés à un moment donné, et ce que l’on sent devoir faire évoluer.
Le tri : promesse de mieux-être ou risque de se sentir plus mal ?
Le tri porte une promesse évidente : plus de clarté, plus de fluidité, un quotidien plus simple.
Mais il comporte aussi un risque – qu’on perçoit parfois au point de ne pas pouvoir aller au bout de notre démarche, voire de ne pas pouvoir l’entamer du tout.
Le risque de regretter.
De ne pas tenir dans le temps.
De devenir quelqu’un d’autre qu'on ne reconnaîtra pas.
Ce tiraillement est souvent lié à une peur plus profonde qu’on n’identifie pas toujours immédiatement : celle de manquer, ou de faire le mauvais choix :
Trier veut-il dire manquer ? Ce que cette peur dit vraiment de notre rapport aux objets
Encore une fois, je compare ça à la perte de poids : même si être rond voire très rond est très inconfortable (difficultés à se mouvoir, douleurs, difficultés à se vêtir, image de soi…), changer, ce serait risquer l’inconnu – même si on sait qu’on se sentirait mille fois mieux avec 20 kg de moins.
Avec les objets, c’est pareil.
Quand on hésite entre continuer comme avant… ou changer vraiment
Les allers-retours font partie du chemin.
Vous m’auriez vue (et mon conjoint et notre fille l’ont fait aussi) aller rechercher un objet que j’avais décidé de sortir, récupéré dans un carton ou un sac, car j'étais emportée par le regret de le voir définitivement hors de la maison.
Ces hésitations ne sont pas un échec.
Elles disent simplement qu’un processus de transformation est en cours.
Elles sont même très fréquentes, et souvent liées à des blocages bien précis que l’on peut apprendre à reconnaître pour avancer plus sereinement :
Pourquoi je n'arrive pas à désencombrer : 5 blocages psychologiques à surmonter
Si vous avez l’impression d’être tiraillé(e) entre deux façons de vivre, cette métaphore va sûrement vous parler 👇
Le tri n’est pas qu’une action.
C’est un passage.
Un moment de bascule.
Dans le nom que j'ai donné à ma boîte, le cocon du Bordélique, il y a cette idée-là : on ne passe pas brutalement d’un état à un autre.
On traverse une phase de chrysalide, parfois inconfortable, avant de pouvoir déployer autre chose et devenir papillon.
Traverser le changement dans la durée
Le plus exigeant, ce n’est pas de trier une fois.
C’est de tenir dans le temps, avec sa réalité, son entourage, son rythme de vie, ses moyens.
Car le tri ne se limite pas aux objets : il touche aussi à d’autres dimensions de notre vie, parfois moins visibles mais tout aussi importantes :
Le tri matériel n’est souvent que le début : ces 6 tris invisibles qui allègent aussi la vie
C’est accepter que le processus de tri pour améliorer sa vie quotidienne soit fait d’ajustements, de pauses, parfois de retours en arrière – sans en faire un échec.
Se faire accompagner pour passer à autre chose
Dans ces moments-là, être accompagné peut aider à franchir un cap.
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En résumé (pour les plus pressés)
✔ le bazar s’installe souvent avec le temps et porte une histoire
✔ sortir du bazar n’est pas qu’une question d’objets
✔ trier implique souvent un renoncement à ce qui a tenu bon jusque-là
✔ les hésitations et allers-retours font partie du processus
✔ le tri peut devenir un levier concret pour améliorer sa vie quotidienne
Pour avancer en comprenant mieux ce qui se joue derrière les objets :
La double charge mentale quand on est Bordélique et qu’on veut s’en sortir : gérer le bazar et les remarques en plus
5 bases essentielles pour un quotidien plus facile (et plus agréable à vivre)
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